Cycles irréguliers, acné, pilosité excessive, difficultés à concevoir : derrière ces signes se cache parfois un syndrome des ovaires polykystiques. L’échographie pelvienne tient une place centrale dans son diagnostic, aux côtés de l’examen clinique et de la prise de sang.
À retenir
- Le SOPK est l’un des troubles hormonaux les plus fréquents chez la femme en âge de procréer.
- Son diagnostic repose sur les critères de Rotterdam : deux signes sur trois parmi hyperandrogénie, troubles de l’ovulation et aspect échographique évocateur.
- À l’échographie, l’ovaire polykystique compte au moins 20 follicules de 2 à 9 mm, ou présente un volume supérieur à 10 ml.
- La voie endovaginale est la plus précise pour compter les follicules.
- Un aspect d’ovaires polykystiques ne suffit pas, à lui seul, à poser le diagnostic de SOPK.
Voici le rôle exact de l’échographie dans le SOPK, ce qu’elle montre, comment elle se déroule et les examens qui la complètent.
Qu’est-ce que le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) ?
Le SOPK est un déséquilibre hormonal qui associe un excès d’androgènes, des troubles de l’ovulation et, souvent, un aspect particulier des ovaires à l’échographie. Il touche environ une femme sur dix en âge de procréer et figure parmi les premières causes d’infertilité par anovulation. Ses manifestations varient beaucoup d’une patiente à l’autre. Ce trouble hormonal touche de nombreuses femmes et associe un excès d’androgènes à des cycles irréguliers ; l’acné et l’hyperpilosité en sont des signes fréquents.
Le rôle de l’échographie dans le diagnostic du SOPK
Pourquoi l’échographie est-elle utile pour diagnostiquer le SOPK ?
L’échographie objective l’un des trois critères diagnostiques : l’aspect polykystique des ovaires. Elle compte les follicules, mesure le volume ovarien et écarte d’autres anomalies pelviennes pouvant expliquer les symptômes. Elle complète le bilan hormonal sans le remplacer.
Les critères de Rotterdam pour le diagnostic
Le diagnostic repose sur les critères de Rotterdam : il faut réunir au moins deux des trois éléments suivants, après avoir écarté les autres causes. D’abord une hyperandrogénie clinique ou biologique. Ensuite des cycles irréguliers traduisant un trouble de l’ovulation. Enfin un aspect d’ovaires polykystiques à l’échographie. Depuis les recommandations internationales de 2023, le dosage de l’hormone antimüllérienne peut remplacer l’échographie chez l’adulte. Ces critères combinent l’aspect des ovaires, le profil hormonal et la clinique.
Échographie pelvienne ou endovaginale : quelle différence ?
L’échographie pelvienne se fait à travers la paroi abdominale, vessie pleine, et convient notamment aux patientes jeunes ou n’ayant pas de rapports sexuels. L’échographie endovaginale, grâce à une sonde de haute fréquence au plus près des ovaires, offre le comptage des follicules le plus fiable.
Que voit-on sur une échographie en cas de SOPK ?
Les follicules multiples : aspect en collier de perles
L’image classique associe de nombreux petits follicules de 2 à 9 mm disposés en périphérie de l’ovaire, réalisant un aspect en collier de perles. Le seuil retenu est d’au moins 20 follicules par ovaire avec une sonde de fréquence supérieure ou égale à 8 MHz.
L’augmentation du volume ovarien
Quand le comptage des follicules n’est pas fiable, un volume ovarien supérieur à 10 ml dans au moins un ovaire suffit à retenir le critère échographique. Les ovaires apparaissent globalement augmentés de taille.
Les autres signes échographiques du SOPK
L’opérateur apprécie aussi la répartition des follicules et l’aspect du stroma ovarien. Ces éléments renforcent l’orientation, sans se substituer aux deux critères chiffrés. Chez les femmes concernées, les deux ovaires présentent souvent le même aspect, et la comparaison des ovaires aide au diagnostic.
Comment se déroule une échographie pour détecter le SOPK ?
La préparation avant l’examen
L’échographie est idéalement réalisée en début de cycle, vers le 3e au 5e jour, en dehors d’un kyste fonctionnel. Pour la voie sus-pubienne, une vessie pleine est demandée. La voie endovaginale ne nécessite pas de préparation particulière.
Le déroulement de l’échographie pelvienne
La patiente est installée sur le dos. L’opérateur explore l’utérus puis les deux ovaires, compte les follicules et mesure les volumes. L’examen dure une quinzaine de minutes et reste indolore.
L’interprétation des résultats par le professionnel de santé
Les mesures échographiques ne prennent leur sens qu’au regard de la clinique et du bilan hormonal. C’est le médecin ou la sage-femme qui réunit les critères et pose, ou écarte, le diagnostic.
Les autres examens complémentaires au diagnostic du SOPK
La prise de sang pour évaluer les hormones
Le bilan dose la testostérone et les autres androgènes, l’hormone antimüllérienne, parfois la LH et la FSH. Il sert aussi à écarter les diagnostics qui imitent le SOPK. Cette prise de sang mesure le taux d’androgènes, souvent à l’origine de l’acné. L’hormone antimüllérienne, ou AMH, y tient une place centrale : cette hormone reflète la réserve folliculaire. Un second prélèvement de sang précise le profil hormonal quand une hormone reste limite.
L’examen clinique et l’évaluation des symptômes
Le médecin recherche les signes d’hyperandrogénie comme l’acné et l’hirsutisme, reconstitue l’histoire des cycles et évalue le retentissement, y compris psychologique. L’excès d’androgènes explique l’acné et la pilosité ; ce sont ces androgènes que le bilan cherche à chiffrer chez ces femmes.
Le bilan métabolique et cardiovasculaire
Le SOPK s’accompagne souvent d’une insulinorésistance. Un bilan glucidique et lipidique, ainsi que la mesure de la tension artérielle, permettent de dépister un syndrome métabolique et d’évaluer le risque cardiovasculaire.
Prise en charge et traitements du SOPK après le diagnostic
Les traitements hormonaux pour réguler le cycle menstruel
Selon le projet de la patiente, un traitement hormonal peut régulariser les cycles et limiter l’hyperandrogénie. La prise en charge est adaptée au cas par cas. Un traitement hormonal bien choisi améliore aussi l’acné chez de nombreuses femmes.
La gestion de l’infertilité et les solutions pour concevoir
En cas de désir de grossesse, des traitements inducteurs de l’ovulation et un accompagnement spécialisé améliorent les chances de conception. Le suivi échographique guide alors la stimulation, avant le relais par l’échographie obstétricale une fois la grossesse débutée.
L’accompagnement du syndrome métabolique et des risques cardiovasculaires
L’activité physique et l’équilibre alimentaire améliorent l’insulinorésistance et la régularité des cycles. Cet accompagnement au long cours fait partie intégrante du traitement.
Questions fréquentes sur le SOPK et l’échographie
À quel moment du cycle faire une échographie pour le SOPK ?
De préférence en début de cycle, entre le 3e et le 5e jour. Chez les patientes à cycles très irréguliers, l’examen est programmé à distance de toute ovulation.
Peut-on avoir des ovaires polykystiques sans avoir le SOPK ?
Oui. Un aspect d’ovaires polykystiques s’observe chez de nombreuses femmes jeunes sans SOPK. C’est pourquoi ce seul signe ne suffit pas au diagnostic.
L’échographie 3D ou 4D est-elle utile pour diagnostiquer le SOPK ?
Elle n’est pas nécessaire. Le comptage des follicules et la mesure du volume en échographie classique suffisent au diagnostic.
Le SOPK peut-il disparaître avec le temps ?
Le SOPK est une affection chronique, mais ses manifestations évoluent : le nombre de follicules tend à diminuer avec l’âge et la prise en charge améliore nettement les symptômes.
Bien menée, l’échographie transforme un faisceau de symptômes en critère diagnostique précis. Sa valeur dépend du compte des follicules et de la mesure des volumes, donc de la rigueur de l’opérateur. C’est cette précision du geste que forme EchoFirst auprès des professionnels de santé.
Mise à jour : Le terme SMOP apparaîtra sur vos prochains comptes-rendus médicaux et ordonnances. SOPK et SMOP coexisteront pendant une période de transition de trois ans, prévue jusqu’en 2028. Les recommandations internationales de prise en charge seront mises à jour d’ici 2028.