L’échographie endovaginale est aujourd’hui l’un des outils diagnostiques les plus précis en gynécologie et en obstétrique précoce. Elle permet de voir ce que la voie abdominale/sus-pubienne ne montre pas : les contours fins de l’utérus, les follicules ovariens, un sac gestationnel de quelques millimètres.

Voici comment elle se déroule, ce qu’elle peut révéler, et dans quelles situations elle est prescrite.

Qu’est-ce qu’une échographie endovaginale ?

L’échographie endovaginale est une échographie pelvienne réalisée à l’aide d’une sonde, introduite dans le vagin. Elle utilise une fréquence d’ultrasons plus élevée que la voie abdominale, ce qui permet une résolution nettement supérieure pour explorer l’utérus, les ovaires, les trompes et le cul-de-sac de Douglas. Elle est aujourd’hui la voie de référence pour l’imagerie gynécologique précise et pour l’exploration d’une grossesse débutante.

Pourquoi réaliser une échographie endovaginale ?

Douleurs pelviennes et troubles gynécologiques

Devant des douleurs pelviennes, des saignements anormaux, des troubles du cycle ou un inconfort persistant, l’échographie pelvienne est l’examen de première ligne. La voie endovaginale est ensuite utilisée pour préciser le diagnostic : épaississement de l’endomètre, polype, fibrome, kyste ovarien, signes d’endométriose.

Suivi de grossesse précoce

En tout début de grossesse, l’échographie obstétricale par voie endovaginale permet de visualiser le sac gestationnel dès 5 SA, de confirmer une grossesse intra-utérine, de mesurer l’embryon et de détecter les battements cardiaques dès 6-7 SA. C’est l’examen de référence pour la suspicion de grossesse extra-utérine, diagnostic urgent qui concerne environ 2 % des grossesses selon le CNGOF.

Bilan d’infertilité

Dans le cadre d’un bilan de fertilité, l’examen mesure l’épaisseur de l’endomètre, compte les follicules antraux et suit la croissance folliculaire au cours du cycle. Ces données orientent la prise en charge en assistance médicale à la procréation (PMA).

Recherche de kystes ovariens, fibromes ou anomalies utérines

L’examen identifie et caractérise les kystes ovariens (fonctionnels, dermoïdes, endométriosiques), les fibromes utérins, les polypes endométriaux, les malformations de l’utérus. Sa précision permet souvent de poser un diagnostic là où la voie abdominale reste limitée.

Déroulement de l’examen

Préparation avant l’échographie

Aucune préparation lourde n’est nécessaire. À la différence de la voie abdominale, la vessie doit être vide : une vessie pleine repousserait les organes pelviens et gênerait l’exploration. Aucun jeûne n’est requis.

Installation et utilisation de la sonde endovaginale

La patiente est installée en position gynécologique, jambes fléchies, sur une table d’examen. La sonde d’échographie endovaginale est à usage médical strict, et toujours protégée par une gaine stérile à usage unique. L’opérateur applique du gel, introduit la sonde avec délicatesse, et explore l’utérus puis chaque ovaire en plusieurs plans.

Durée et sensations pendant l’examen

L’examen dure 10 à 20 minutes. Il n’est pas douloureux dans la majorité des cas, même s’il peut être ressenti comme inconfortable, en particulier lors d’une endométriose connue ou d’une infection en cours. La patiente peut à tout moment demander une pause ou l’arrêt de l’examen.

Que peut montrer une échographie endovaginale ?

L’examen précise la taille et la forme de l’utérus, l’épaisseur et l’aspect de l’endomètre, la présence de fibromes ou de polypes, l’aspect des deux ovaires, le compte des follicules antraux, l’existence d’un kyste ou d’une masse annexielle, des signes d’endométriose profonde, la position d’un dispositif intra-utérin (DIU). Au tout début d’une grossesse, il visualise le sac gestationnel, mesure l’embryon, vérifie les battements cardiaques et localise précisément l’implantation.

Avantages et limites de l’échographie endovaginale

Haute résolution et précision diagnostique

La proximité entre la sonde et les organes pelviens permet une qualité d’image inégalée par la voie abdominale. Couplée au mode échographie doppler, elle étudie aussi la vascularisation utérine et ovarienne, données précieuses dans le diagnostic de torsion ovarienne, de grossesse extra-utérine ou de pathologies tumorales.

Examen rapide et sans irradiation

Comme toute échographie, elle n’expose à aucun rayonnement ionisant. Elle peut être répétée autant que nécessaire, y compris pendant la grossesse, et donne un résultat immédiat en consultation.

Limites et contre-indications éventuelles

L’examen ne se réalise pas chez les patientes jeunes et/ou vierges ou refusant la voie vaginale ; la voie sus-pubienne prend alors le relai. Une infection vaginale active ou des saignements abondants peuvent conduire à différer l’examen. Enfin, certaines structures hautes ou très volumineuses (gros fibromes, masses pelviennes) sont mieux explorées par voie abdominale, en complément.

Non irradiante, rapide et précise, l’échographie endovaginale est un pilier du diagnostic gynécologique et obstétrical précoce. Lorsqu’elle est réalisée par un praticien formé, elle répond en quelques minutes à des questions cliniques cruciales : où est implantée cette grossesse ? Y a-t-il un kyste suspect ? Pourquoi cette patiente saigne-t-elle ?

EchoFirst aborde les bases de l’échographie pelvienne et endovaginale dans les modules Abdominal et Abdominal niveau 2, pour les soignants qui souhaitent intégrer ces repères à leur pratique clinique quotidienne.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

*