Face à une douleur, une anomalie biologique ou un tableau évocateur, le médecin dispose de plusieurs outils d’imagerie pour affiner son diagnostic. IRM, scanner et échographie sont les trois examens les plus fréquemment prescrits en radiologie, mais leurs principes physiques, leurs indications et leurs limites diffèrent considérablement. Comprendre ces distinctions est essentiel pour orienter le patient vers l’examen le plus adapté à sa situation médicale.
Qu’est-ce qu’une IRM ?
L’imagerie par résonance magnétique (IRM) repose sur l’utilisation d’un champ magnétique puissant et d’ondes de radiofréquence pour produire des images très détaillées des tissus mous. L’examen ne génère aucun rayonnement ionisant. Il offre un contraste tissulaire exceptionnel, ce qui le rend particulièrement performant pour l’exploration du cerveau, de la moelle épinière, des articulations et de certains organes abdominaux ou pelviens. En revanche, l’IRM nécessite une immobilité prolongée (20 à 45 minutes), un service de radiologie équipé et présente des contre-indications liées aux implants métalliques ou à certains pacemakers.
Qu’est-ce qu’un scanner ?
Le scanner, ou tomodensitométrie (TDM), utilise des rayons X — le même principe que la radiographie classique — pour réaliser des coupes transversales du corps. Contrairement à la radiographie standard qui produit une image en deux dimensions, le scanner génère des images d’une grande résolution spatiale en 3D, particulièrement adaptées à l’exploration des structures osseuses, pulmonaires et vasculaires. L’examen est rapide (quelques minutes) et peut être complété par une injection de produit de contraste iodé pour améliorer la visualisation des vaisseaux et des lésions. Sa principale limite réside dans l’exposition aux rayons ionisants, ce qui impose de restreindre les indications répétées, notamment chez les patients jeunes et les femmes enceintes.
Qu’est-ce qu’une échographie ?
L’échographie est un examen d’imagerie médicale fondé sur l’émission d’ultrasons par une sonde appliquée sur la peau du patient. Les ondes sont réfléchies par les différentes structures anatomiques, permettant d’obtenir des images en temps réel. Non irradiante, potentiellement portable et réalisable au lit du patient, cette technique est souvent l’examen de première intention pour explorer l’abdomen, le système vasculaire, les parties molles ou le pelvis. Couplée au mode Doppler, elle permet également d’analyser les flux sanguins en temps réel.
Comparatif : IRM, scanner ou échographie
Le tableau ci-dessous, utile pour tout service de radiologie, résume les principales caractéristiques de chaque examen pour faciliter la comparaison.
| Critère | IRM | Scanner | Échographie |
| Principe | Champ magnétique et radiofréquences | Rayons X (tomodensitométrie) | Ultrasons |
| Irradiation | Aucune | Oui (rayons X) | Aucune |
| Durée moyenne | 20 à 45 minutes | 5 à 15 minutes | 10 à 20 minutes |
| Points forts | Contraste tissulaire exceptionnel, idéal pour les tissus mous | Rapidité, précision osseuse et pulmonaire | Temps réel, portabilité, pas d’irradiation |
| Indications principales | Cerveau, moelle, articulations, pelvis, foie | Thorax, os, urgences traumatiques, vasculaire | Abdomen, pelvis, vasculaire, obstétrique, parties molles |
| Limites | Coût, durée, contre-indications (implants métalliques) | Irradiation, contraste tissulaire limité | Gaz intestinaux, obésité |
Quand choisir l’un ou l’autre ?
Le choix de l’examen dépend avant tout de la question clinique posée, de l’organe à explorer et du contexte médical du patient.
Cas où l’IRM est indispensable
L’IRM est incontournable pour l’exploration du système nerveux central (cerveau et moelle épinière), la caractérisation fine des lésions hépatiques, le bilan des pathologies articulaires complexes (ménisques, ligaments croisés) et le bilan d’extension de certains cancers pelviens. Elle est également privilégiée chez la femme enceinte lorsqu’un examen complémentaire est nécessaire, en raison de l’absence de rayonnement ionisant. Le service de référence orientera le patient vers le protocole le plus adapté.
Cas où le scanner est préféré
Le scanner s’impose dans les situations d’urgence (polytraumatisme, embolie pulmonaire), pour le bilan des pathologies thoraciques (pneumonie, nodule pulmonaire) et l’exploration osseuse détaillée (fractures complexes). Sa rapidité d’acquisition en fait l’outil de référence en contexte d’urgence vitale.
Cas où l’échographie suffit ou est optimale
L’échographie est particulièrement performante pour l’exploration abdominale (foie, vésicule, reins, rate), le suivi gynécologique et obstétrical, l’étude des vaisseaux et l’examen des parties molles superficielles. En médecine d’urgence, le protocole FAST/eFAST permet un tri rapide et non irradiant des patients traumatisés. Elle est également l’examen de choix pour les bilans répétés de suivi, grâce à son innocuité totale.
Complémentarité des trois examens
Dans la pratique quotidienne, ces trois modalités d’imagerie ne s’opposent pas : elles se complètent. L’échographie est souvent réalisée en première intention pour orienter le diagnostic, avant qu’un scanner ou une IRM ne vienne confirmer ou préciser les résultats. C’est cette approche séquentielle et raisonnée qui garantit une prise en charge optimale du patient.
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